jeudi 7 mai 2015

Où trouver "À Poil !" ?

Les cent premiers exemplaires du n° 0 d'À Poil ! sont vendus. 


Vous les trouverez dans nos librairies chéries* ou demandez-les nous ! 

*  Terra Nova,18 rue Gambetta 31000 Toulouse
     Les Abattoirs, 76 allées Charles-de-Fitte 31300 Toulouse
     Les Sandales d'Empédocle, 95 Grande-Rue 25000 Besançon
     Le Marulaz, 2 place Marulaz 25000 Besançon

Et avant de vous plonger dans le vif du sujet, frottez-vous à cette exploration du mot peau :
"Beautés de l’histoire de la langue
Peau – onomatopée - mot monosyllabique qui explose en bouche comme pet ou pan !
Le mot latin « cutis » qui désignait la peau humaine a été évincé, il s’est trouvé relégué dans les cuticules, ces petites peaux qui entourent les ongles et que certains aiment tant mordiller, dans l’ adjectif cutané.
Le mot peau, anciennement « pel » avait pourtant un sens plus large de peau d’animal, de fourrure. Ce mot a une nombreuse descendance qui rappelle cette origine : la pelleterie, la pelisse, les muscles peauciers à ne pas confondre avec le peaussier, artisan qui traite les peaux …
Pel a donné le pieu, où on se couche tous les soirs pour pioncer, il vient de là, de cette époque lointaine où le pieu était une couche faite de peaux, et peut-être nous renvoie-t-il à notre préhistoire.
Quand j’étais élève, le professeur de sciences naturelles (terme qui a disparu) nous enseignait l’anatomie avec des planches d’écorché. C’était un homme (jamais une femme) représenté sans sa peau au moins sur une partie du corps, et ainsi l’élève voyait les nerfs, les muscles, tout le système vasculaire. Quelle pagaille là-dedans, ou plutôt quelle complexité, mais comme c’était beau, les muscles rouge foncé délicatement attachés aux os, le cheminement sinueux rouge et bleu des veines et des artères. On avait tout ça bien caché bien rangé –merveilleuse machine- sous notre peau qui était en quelque sorte un drap jeté pour protéger de la poussière et des chocs, un sac particulièrement bien ajusté pour que tout tienne bien en place. L’écorché des planches, ce beau et grand gars robuste ne souffrait pas, pourtant on sait combien la moindre écorchure nous fait mal ; il offrait son corps à la science et à la pédagogie, bras ouverts, mains offertes et il était parfaitement asexué.
Pourquoi l’appelle-t-on écorché et pas le dépiauté ? Le mot écorché a la même racine que cuir (latin corium, peau de l’homme et de l’animal, enveloppe des fruits et des arbres). Peu à peu, le mot peau a supplanté le mot cuir pour l’homme, peut-être la représentation de l’écorché est-elle antérieure à cette évolution et c’est pourquoi on l’emploie ce mot plutôt que dépiauté. Mais pourquoi le terme dépiauté nous fait-il sourire alors que le mot écorché nous renvoie à la douleur et à la souffrance de l’écorché vif ?
On peut en conclure que le monde des mots est une véritable jungle et que leur histoire est celle de luttes impitoyables…" (Geneviève)

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